Frais de succession 2025 : guide complet pour comprendre et réduire les coûts

Tout savoir sur les frais de succession en France : barème des droits, abattements par lien de parenté, exonérations, rôle du notaire et astuces pour réduire la facture.

· Mis à jour le 6 février 2026
Chiffres à jour — Février 2026 (barème 2025 en vigueur)

Perdre un proche est une épreuve difficile. Au-delà du deuil, la question des frais de succession se pose rapidement : combien va coûter la transmission du patrimoine ? Quels sont les droits à payer ? Comment limiter la charge fiscale pour les héritiers ?

Ce guide fait le point sur l’ensemble des frais liés à une succession en France en 2025 : droits de succession, honoraires du notaire, abattements applicables et stratégies pour réduire la facture.

Que recouvrent les frais de succession ?

Les frais de succession désignent l’ensemble des coûts supportés par les héritiers lors de la transmission d’un patrimoine après un décès. Ils se décomposent en trois grandes catégories :

  • Les droits de succession (ou droits de mutation à titre gratuit) : c’est l’impôt versé à l’État, calculé selon un barème progressif qui dépend du lien de parenté avec le défunt et du montant hérité.
  • Les frais de notaire : les honoraires et émoluments du notaire chargé de régler la succession. Ils représentent en moyenne 1 à 2 % de l’actif brut successoral. Vous trouverez le détail dans notre article sur les frais de notaire en succession.
  • Les frais annexes : frais d’évaluation des biens immobiliers, frais de publication foncière, coût d’un éventuel généalogiste, etc.

La part la plus importante — et souvent la plus redoutée — concerne les droits de succession versés au fisc. C’est sur ce poste que les leviers d’optimisation sont les plus significatifs.

Le barème progressif des droits de succession

Les droits de succession sont calculés sur la part nette taxable de chaque héritier, c’est-à-dire après déduction des dettes du défunt et de l’abattement correspondant au lien de parenté.

Barème en ligne directe (parents-enfants)

Le barème applicable aux transmissions entre parents et enfants est le suivant :

Tranche de la part nette taxableTaux d’imposition
Jusqu’à 8 072 euros5 %
De 8 072 à 12 109 euros10 %
De 12 109 à 15 932 euros15 %
De 15 932 à 552 324 euros20 %
De 552 324 à 902 838 euros30 %
De 902 838 à 1 805 677 euros40 %
Au-delà de 1 805 677 euros45 %

Ce barème est progressif : chaque tranche est taxée à son propre taux. Un héritage de 200 000 euros (après abattement) ne sera donc pas taxé à 20 % sur la totalité, mais par tranches successives.

Pour une simulation détaillée, utilisez notre calculateur de droits de succession.

Barème entre frères et soeurs

Tranche de la part nette taxableTaux d’imposition
Jusqu’à 24 430 euros35 %
Au-delà de 24 430 euros45 %

Barème entre autres héritiers

Lien de parentéTaux
Parents jusqu’au 4e degré (neveux, oncles…)55 %
Au-delà du 4e degré ou sans lien de parenté60 %

Le lien de parenté a donc un impact considérable sur le montant des droits. C’est pourquoi la planification successorale est si importante.

Les abattements : la première ligne de défense

Avant l’application du barème, chaque héritier bénéficie d’un abattement qui vient réduire la base taxable. Voici les principaux abattements en matière de succession :

Lien avec le défuntMontant de l’abattement
Conjoint survivant ou partenaire de PACSExonération totale
Enfant (par parent)100 000 euros
Petit-enfant1 594 euros
Arrière-petit-enfant1 594 euros
Frère ou soeur (sous conditions)15 932 euros
Neveu ou nièce7 967 euros
Personne handicapée (cumulable)159 325 euros
Autre héritier1 594 euros

L’abattement de 100 000 euros par enfant est le plus utilisé. Il s’applique à la part de chaque enfant individuellement. Ainsi, un couple avec deux enfants transmet jusqu’à 400 000 euros (2 x 100 000 euros par parent) sans aucun droit de succession.

L’abattement pour personne handicapée (159 325 euros) est cumulable avec les autres abattements. Un enfant handicapé bénéficie donc de 100 000 + 159 325 = 259 325 euros d’abattement.

L’exonération du conjoint survivant et du partenaire de PACS

Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant (époux marié) et le partenaire lié par un PACS sont totalement exonérés de droits de succession. Cette exonération s’applique quel que soit le montant transmis.

C’est l’un des rares cas où la transmission est totalement gratuite sur le plan fiscal. En revanche, les concubins (union libre) ne bénéficient d’aucun abattement spécifique et sont taxés au taux de 60 % après un abattement de seulement 1 594 euros.

Cette différence considérable entre mariage/PACS et concubinage est un point essentiel à prendre en compte dans toute réflexion patrimoniale.

Les frais de notaire en succession

Le recours à un notaire est obligatoire dans la plupart des successions, notamment lorsque le patrimoine comprend un bien immobilier, un montant supérieur à 5 000 euros, ou un testament. Les frais de notaire comprennent :

  • Les émoluments proportionnels : fixés par un barème réglementé, ils sont calculés sur la valeur de l’actif brut successoral.
  • Les débours : frais avancés par le notaire (frais de publication, copies d’actes, etc.).
  • La contribution de sécurité immobilière : taxe de 0,10 % sur la valeur des biens immobiliers transmis.
  • Les honoraires de conseil : pour les prestations non réglementées (conseil patrimonial, optimisation).

En pratique, les frais de notaire représentent entre 1 % et 2 % de l’actif brut, avec un minimum incompressible. Pour une succession simple sans immobilier, comptez environ 1 500 à 3 000 euros. Pour une succession avec un bien immobilier, les frais montent généralement entre 3 000 et 8 000 euros.

Le rôle du notaire

Au-delà des formalités, le notaire joue un rôle central :

  • Il établit l’acte de notoriété (identification des héritiers).
  • Il évalue le patrimoine du défunt.
  • Il rédige la déclaration de succession.
  • Il procède au partage entre héritiers.
  • Il conseille sur les options fiscales (renonciation, cantonnement, etc.).

Comment réduire les frais de succession

Plusieurs stratégies permettent de réduire significativement la facture successorale. Elles doivent être mises en place du vivant du futur défunt.

1. La donation de son vivant

La donation permet d’utiliser les abattements de manière anticipée. L’abattement de 100 000 euros par enfant se renouvelle tous les 15 ans. Un parent qui donne 100 000 euros à son enfant aujourd’hui pourra redonner 100 000 euros dans 15 ans, en franchise totale de droits.

En planifiant les donations sur le long terme, il est possible de transmettre des sommes considérables sans aucune taxation.

À cela s’ajoute le don familial de sommes d’argent (article 790 G du CGI) : 31 865 euros tous les 15 ans, exonéré de droits, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et le bénéficiaire plus de 18 ans. Ce don est cumulable avec l’abattement classique.

2. L’assurance vie

L’assurance vie reste l’outil le plus efficace pour transmettre un capital hors succession :

  • Primes versées avant 70 ans : chaque bénéficiaire désigné profite d’un abattement de 152 500 euros. Au-delà, le taux est de 20 % jusqu’à 700 000 euros puis 31,25 %.
  • Primes versées après 70 ans : abattement global de 30 500 euros (tous bénéficiaires confondus), puis taxation aux droits de succession classiques, mais les intérêts sont exonérés.

L’assurance vie est particulièrement avantageuse pour transmettre à des personnes qui seraient lourdement taxées dans le cadre successoral classique (concubins, amis, parents éloignés).

3. Le démembrement de propriété

Le démembrement consiste à séparer la nue-propriété (le droit de disposer du bien) de l’usufruit (le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus). En donnant la nue-propriété de son vivant tout en conservant l’usufruit, le donateur :

  • Continue à vivre dans le logement ou à percevoir les loyers.
  • Transmet un bien dont la valeur taxable est réduite (décote liée à l’usufruit réservé, selon l’âge du donateur).
  • Au décès, la réunion de la pleine propriété se fait sans aucun droit supplémentaire.

4. Le pacte Dutreil (transmission d’entreprise)

Pour les chefs d’entreprise, le pacte Dutreil permet de bénéficier d’une exonération de 75 % de la valeur des titres ou de l’entreprise transmise, sous condition d’engagement de conservation.

Le délai et les modalités de paiement

Dépôt de la déclaration de succession

La déclaration de succession (formulaire 2705) doit être déposée au service des impôts dans les délais suivants :

  • 6 mois après le décès si celui-ci a eu lieu en France métropolitaine.
  • 12 mois si le décès a eu lieu à l’étranger ou dans un département d’outre-mer.

Un retard entraîne des pénalités : intérêt de retard de 0,20 % par mois et majoration de 10 % en l’absence de déclaration après mise en demeure.

Paiement des droits

Les droits de succession sont exigibles au moment du dépôt de la déclaration. Toutefois, des facilités de paiement existent :

  • Paiement fractionné : échelonnement sur 1 à 3 ans (5 ans pour les transmissions d’entreprise ou de biens en nue-propriété), moyennant des intérêts.
  • Paiement différé : en cas de nue-propriété, les droits peuvent être reportés jusqu’à la réunion de la pleine propriété.
  • Dation en paiement : possibilité de remettre des oeuvres d’art, immeubles ou titres à l’État en règlement des droits.

Exemple concret de calcul

Prenons le cas d’une succession de 350 000 euros revenant à un enfant unique :

  1. Actif net : 350 000 euros
  2. Abattement enfant : 100 000 euros
  3. Part nette taxable : 250 000 euros

Application du barème progressif :

TrancheMontantTauxDroits
0 - 8 072 euros8 072 euros5 %403,60 euros
8 072 - 12 109 euros4 037 euros10 %403,70 euros
12 109 - 15 932 euros3 823 euros15 %573,45 euros
15 932 - 250 000 euros234 068 euros20 %46 813,60 euros
Total48 194,35 euros

À cela s’ajoutent les frais de notaire (environ 4 000 à 6 000 euros selon la composition du patrimoine).

Ce qu’il faut retenir

Les frais de succession en France sont principalement composés des droits fiscaux et des honoraires du notaire. Si le conjoint survivant est totalement exonéré, les enfants bénéficient d’un abattement généreux de 100 000 euros chacun, mais les héritiers plus éloignés supportent une fiscalité lourde.

L’anticipation est la clé : donations, assurance vie et démembrement permettent de transmettre un patrimoine dans des conditions fiscales bien plus favorables qu’une succession non préparée.

Pour estimer le montant de vos droits, utilisez notre calculateur gratuit. Et pour toute question spécifique à votre situation, n’hésitez pas à consulter un notaire : ses conseils peuvent vous faire économiser bien plus que ses honoraires.

Questions fréquentes

Combien coûtent les frais de succession en France ?
Les frais de succession comprennent les droits fiscaux (de 5 % à 60 % selon le lien de parenté et le montant hérité) et les honoraires du notaire (environ 1 à 2 % de l'actif brut). Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession.
Comment sont calculés les droits de succession ?
Les droits de succession sont calculés sur la part nette revenant à chaque héritier, après déduction de l'abattement correspondant au lien de parenté. Le barème progressif en ligne directe va de 5 % (jusqu'à 8 072 euros) à 45 % (au-delà de 1 805 677 euros).
Quel est l'abattement pour les enfants en succession ?
Chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 euros sur sa part d'héritage. Cet abattement se renouvelle tous les 15 ans et s'applique aussi aux donations entre parents et enfants.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?
Non, depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant (marié) et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant hérité.
Comment réduire les frais de succession ?
Les principales stratégies sont : la donation de son vivant (pour utiliser les abattements tous les 15 ans), l'assurance vie (exonérée jusqu'à 152 500 euros par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans), le démembrement de propriété et le don familial de sommes d'argent.
Quel est le délai pour payer les droits de succession ?
La déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le décès a eu lieu hors de France métropolitaine). Le paiement des droits est exigible au moment du dépôt. Un paiement fractionné ou différé peut être accordé sur demande.