Droits de succession : barème complet 2025 (taux, tranches et calcul)
Découvrez le barème des droits de succession 2025 en France : tranches d'imposition de 5% à 45%, abattements par lien de parenté, exemples de calcul concrets et cas particuliers.
Les droits de succession représentent l’impôt prélevé par l’État sur la part d’héritage reçue par chaque bénéficiaire. Leur montant dépend de deux facteurs principaux : le lien de parenté avec le défunt et la valeur nette de la part transmise. Comprendre le barème des droits de succession est indispensable pour anticiper la charge fiscale et, le cas échéant, optimiser la transmission de son patrimoine.
Ce guide détaille l’ensemble du barème 2025, les abattements applicables et les méthodes de calcul, avec des exemples concrets pour chaque situation familiale.
Comment fonctionnent les droits de succession
Le calcul des droits de succession suit un processus en trois étapes :
- Détermination de la part nette : la valeur totale du patrimoine du défunt est évaluée, les dettes déduites, puis la part revenant à chaque héritier est calculée selon les règles légales ou testamentaires.
- Application de l’abattement : chaque héritier bénéficie d’un abattement (une franchise d’impôt) dont le montant dépend de son lien de parenté avec le défunt.
- Application du barème progressif : la part nette taxable (après abattement) est soumise à un barème par tranches, comme l’impôt sur le revenu.
Les frais de notaire s’ajoutent aux droits de succession mais répondent à un calcul distinct. Pour une vue d’ensemble de tous les coûts liés à une succession, consultez notre page sur les frais de succession.
Barème des droits de succession en ligne directe (parents-enfants)
Le barème applicable entre parents et enfants (ligne directe) est le plus favorable. Il comprend 7 tranches progressives, appliquées après déduction de l’abattement de 100 000 euros :
| Tranche de la part nette taxable | Taux d’imposition |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 euros | 5 % |
| De 8 072 à 12 109 euros | 10 % |
| De 12 109 à 15 932 euros | 15 % |
| De 15 932 à 552 324 euros | 20 % |
| De 552 324 à 902 838 euros | 30 % |
| De 902 838 à 1 805 677 euros | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 euros | 45 % |
Ce même barème s’applique également aux donations en ligne directe. Les taux effectifs restent identiques que la transmission intervienne du vivant (donation) ou au décès (succession).
Barème entre frères et sœurs
Le barème entre frères et sœurs est nettement moins favorable, avec un abattement réduit à 15 932 euros et seulement deux tranches :
| Tranche de la part nette taxable | Taux d’imposition |
|---|---|
| Jusqu’à 24 430 euros | 35 % |
| Au-delà de 24 430 euros | 45 % |
Cas d’exonération totale entre frères et sœurs : un frère ou une sœur peut être totalement exonéré de droits de succession si les trois conditions suivantes sont réunies au moment du décès :
- Être célibataire, veuf(ve), divorcé(e) ou séparé(e) de corps
- Être âgé(e) de plus de 50 ans ou atteint(e) d’une infirmité empêchant de subvenir à ses besoins
- Avoir été domicilié(e) de manière continue avec le défunt pendant les 5 années précédant le décès
Barème pour les autres liens de parenté
| Lien avec le défunt | Abattement | Taux d’imposition |
|---|---|---|
| Neveux et nièces | 7 967 euros | 55 % (taux unique) |
| Parents jusqu’au 4e degré (cousins, oncles, tantes) | 1 594 euros | 55 % (taux unique) |
| Héritiers sans lien de parenté ou au-delà du 4e degré | 1 594 euros | 60 % (taux unique) |
Ces taux uniques, sans progressivité, rendent la transmission entre parents éloignés ou non-parents particulièrement coûteuse. C’est pourquoi l’assurance-vie est souvent utilisée comme outil de transmission dans ces configurations, car elle bénéficie d’un régime fiscal séparé et plus avantageux.
Tableau récapitulatif des abattements
L’abattement de succession constitue la clé de voûte du calcul. Voici l’ensemble des abattements applicables en 2025 :
| Bénéficiaire | Montant de l’abattement |
|---|---|
| Conjoint survivant ou partenaire de PACS | Exonération totale |
| Enfant (par parent) | 100 000 euros |
| Petit-enfant | 1 594 euros (sauf représentation : 100 000 euros) |
| Arrière-petit-enfant | 1 594 euros |
| Personne handicapée (cumulable) | 159 325 euros |
| Frère ou sœur | 15 932 euros |
| Neveu ou nièce | 7 967 euros |
| Autres héritiers | 1 594 euros |
Points importants sur les abattements :
- L’abattement de 100 000 euros s’applique par enfant et par parent. Un enfant peut donc recevoir 100 000 euros de chaque parent en franchise de droits.
- En cas de représentation (un petit-enfant hérite à la place de son parent prédécédé), le petit-enfant bénéficie de l’abattement de 100 000 euros de son parent.
- L’abattement pour personne handicapée (159 325 euros) se cumule avec l’abattement lié au degré de parenté. Un enfant handicapé bénéficie ainsi d’un abattement total de 259 325 euros (100 000 + 159 325).
Exemples concrets de calcul
Exemple 1 : un enfant hérite de 300 000 euros d’un parent
Un parent décède et laisse 300 000 euros à son enfant unique.
Étape 1 — Abattement : 300 000 - 100 000 = 200 000 euros de part nette taxable.
Étape 2 — Application du barème progressif :
| Tranche | Montant taxé | Taux | Droits |
|---|---|---|---|
| 0 à 8 072 euros | 8 072 euros | 5 % | 403,60 euros |
| 8 072 à 12 109 euros | 4 037 euros | 10 % | 403,70 euros |
| 12 109 à 15 932 euros | 3 823 euros | 15 % | 573,45 euros |
| 15 932 à 200 000 euros | 184 068 euros | 20 % | 36 813,60 euros |
Total des droits de succession : 38 194,35 euros, soit un taux effectif d’environ 12,7 % sur la part héritée de 300 000 euros.
Vous pouvez vérifier ce calcul avec notre calculateur de droits de succession.
Exemple 2 : un frère hérite de 50 000 euros
Un frère du défunt reçoit une part de 50 000 euros.
Étape 1 — Abattement : 50 000 - 15 932 = 34 068 euros de part nette taxable.
Étape 2 — Application du barème frères/sœurs :
| Tranche | Montant taxé | Taux | Droits |
|---|---|---|---|
| 0 à 24 430 euros | 24 430 euros | 35 % | 8 550,50 euros |
| 24 430 à 34 068 euros | 9 638 euros | 45 % | 4 337,10 euros |
Total des droits de succession : 12 887,60 euros, soit un taux effectif de 25,8 % sur les 50 000 euros hérités.
Exemple 3 : un neveu hérite de 100 000 euros
Un neveu du défunt reçoit 100 000 euros.
Étape 1 — Abattement : 100 000 - 7 967 = 92 033 euros de part nette taxable.
Étape 2 — Application du taux unique : 92 033 x 55 % = 50 618,15 euros de droits.
Le taux effectif atteint ici 50,6 %. Ce niveau de taxation illustre l’intérêt de préparer la transmission via des outils adaptés comme l’assurance-vie ou les donations de son vivant.
Comparaison du coût fiscal selon le lien de parenté
Pour illustrer l’impact majeur du lien de parenté, voici une comparaison sur une part héritée identique de 200 000 euros :
| Héritier | Abattement | Part taxable | Droits approximatifs | Taux effectif |
|---|---|---|---|---|
| Enfant | 100 000 euros | 100 000 euros | 18 194 euros | 9,1 % |
| Frère/sœur | 15 932 euros | 184 068 euros | 80 437 euros | 40,2 % |
| Neveu/nièce | 7 967 euros | 192 033 euros | 105 618 euros | 52,8 % |
| Non-parent | 1 594 euros | 198 406 euros | 119 044 euros | 59,5 % |
L’écart est considérable : pour une même somme de 200 000 euros, un enfant paie environ 18 000 euros de droits tandis qu’un héritier sans lien de parenté en paie près de 119 000 euros.
Cas particuliers et exonérations
Conjoint survivant et partenaire de PACS
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS bénéficient d’une exonération totale des droits de succession, quel que soit le montant hérité. Cette exonération est automatique et ne nécessite aucune démarche spécifique.
Personne handicapée
Tout héritier atteint d’une infirmité physique ou mentale l’empêchant de travailler dans des conditions normales de rentabilité bénéficie d’un abattement supplémentaire de 159 325 euros. Cet abattement se cumule avec l’abattement standard lié au degré de parenté :
- Enfant handicapé : 100 000 + 159 325 = 259 325 euros d’abattement
- Frère ou sœur handicapé(e) : 15 932 + 159 325 = 175 257 euros d’abattement
Renouvellement des abattements tous les 15 ans
Les abattements de succession ne sont pas à usage unique. Ils se reconstituent intégralement tous les 15 ans. Concrètement :
- Si un parent a donné 100 000 euros à son enfant en 2010, l’abattement est intégralement reconstitué en 2025. Au décès du parent en 2025 ou après, l’enfant bénéficie à nouveau de 100 000 euros d’abattement.
- Si le décès survient moins de 15 ans après une donation, le montant donné est réintégré dans le calcul des droits de succession. L’abattement est alors réduit du montant déjà utilisé.
Cette règle de rappel fiscal sur 15 ans incite à anticiper la transmission le plus tôt possible. C’est un élément central de la planification successorale.
Assurance-vie : un régime à part
Les capitaux transmis via l’assurance-vie ne suivent pas le barème classique des droits de succession. Ils bénéficient d’un régime fiscal spécifique avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. C’est l’un des outils les plus utilisés en France pour optimiser la transmission patrimoniale.
Comment réduire les droits de succession
Plusieurs stratégies légales permettent de diminuer la facture fiscale :
- Donations anticipées : utiliser les abattements de 100 000 euros par enfant tous les 15 ans permet de transmettre jusqu’à 200 000 euros par enfant (les deux parents) en franchise de droits, renouvelable.
- Assurance-vie : placer des capitaux sur un contrat d’assurance-vie avant 70 ans offre un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, hors succession.
- Démembrement de propriété : transmettre la nue-propriété de son vivant tout en conservant l’usufruit permet de réduire la base taxable.
- Dons familiaux de sommes d’argent : un abattement supplémentaire de 31 865 euros existe pour les dons en argent au profit des enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants, sous condition d’âge.
Un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine peut accompagner la mise en place de ces stratégies. Les frais de notaire en succession représentent un investissement souvent rentable au regard des économies fiscales réalisables.
En résumé
Le barème des droits de succession en France est fortement lié au degré de parenté entre le défunt et l’héritier. En ligne directe, les taux progressifs (de 5 % à 45 %) et l’abattement généreux de 100 000 euros par enfant permettent de transmettre un patrimoine conséquent avec une fiscalité maîtrisée. Pour les héritiers plus éloignés, les taux de 55 % à 60 % rendent indispensable une anticipation via les outils de transmission adaptés.
Pour estimer rapidement le montant de vos droits de succession, utilisez notre calculateur en ligne. Pour comprendre l’ensemble des frais liés à une succession (droits, notaire, autres), consultez notre guide sur les frais de succession.