Abattement succession 2025 : montants, barèmes et stratégies d'optimisation

Découvrez tous les abattements applicables en matière de succession en France : montants par lien de parenté, renouvellement tous les 15 ans, interaction avec les donations et stratégies pour transmettre son patrimoine en minimisant les droits.

· Mis à jour le 6 février 2026
Chiffres à jour — Février 2026 (barème 2025 en vigueur)

Qu’est-ce qu’un abattement en matière de succession ?

Un abattement succession est une somme déduite de la part nette revenant à chaque héritier avant le calcul des droits de succession. Concrètement, c’est la fraction du patrimoine transmise en franchise d’impôt. Seule la part dépassant l’abattement est soumise au barème progressif des droits de succession.

Le montant de l’abattement dépend du lien de parenté entre le défunt et l’héritier. Plus le lien est proche, plus l’abattement est élevé. C’est un mécanisme central de la fiscalité successorale française, et le maîtriser est essentiel pour anticiper le coût réel d’une succession.

À titre d’exemple, si un enfant hérite de 250 000 euros de son parent, l’abattement de 100 000 euros s’applique d’abord. Les droits de succession ne sont calculés que sur les 150 000 euros restants, selon le barème en vigueur.

Tableau complet des abattements succession 2025

Voici le récapitulatif de tous les abattements applicables en France pour les successions ouvertes en 2025. Ces montants sont fixés par le Code général des impôts (article 779 et suivants).

Lien de parenté avec le défuntAbattement applicableBase légale
Époux ou partenaire de PACSExonération totaleArt. 796-0 bis du CGI
Enfant (ou ascendant)100 000 eurosArt. 779-I du CGI
Petit-enfant1 594 eurosArt. 779-IV du CGI
Arrière-petit-enfant1 594 eurosArt. 779-V du CGI
Frère ou sœur15 932 eurosArt. 779-II du CGI
Neveu ou nièce7 967 eurosArt. 779-III du CGI
Personne handicapée (cumulable)159 325 eurosArt. 779-II du CGI
Autre héritier (sans lien ou lien éloigné)1 594 eurosArt. 779-IV du CGI

Précision importante : l’exonération du conjoint survivant ou du partenaire de PACS n’est pas un abattement à proprement parler. Il s’agit d’une exonération totale et sans condition de montant, instaurée par la loi TEPA du 21 août 2007. Quel que soit le patrimoine transmis, le conjoint ou partenaire pacsé ne paie aucun droit de succession.

L’abattement de 100 000 euros : enfants et ascendants

L’abattement le plus utilisé en pratique est celui de 100 000 euros applicable aux transmissions en ligne directe, c’est-à-dire entre parents et enfants (ou entre grands-parents et petits-enfants en cas de représentation).

Cet abattement s’applique par parent et par enfant. Autrement dit :

  • Un père peut transmettre 100 000 euros à chacun de ses enfants en franchise de droits.
  • Une mère peut faire de même, indépendamment.
  • Un couple avec deux enfants peut donc transmettre au total 400 000 euros sans droits (100 000 x 2 parents x 2 enfants).

Les enfants adoptés (adoption plénière) bénéficient du même abattement. En revanche, les enfants du conjoint (beaux-enfants) ne sont pas considérés comme héritiers en ligne directe et ne bénéficient pas de cet abattement, sauf adoption.

Pour estimer précisément les frais de succession dans votre situation, il faut partir de la part nette taxable de chaque héritier, y soustraire l’abattement applicable, puis appliquer le barème.

L’abattement pour personne handicapée : 159 325 euros

L’article 779-II du CGI prévoit un abattement spécifique de 159 325 euros pour tout héritier atteint d’une infirmité physique ou mentale l’empêchant de travailler dans des conditions normales de rentabilité, ou ayant été reconnu comme personne handicapée.

La particularité majeure de cet abattement est qu’il se cumule avec l’abattement lié au lien de parenté. Un enfant handicapé bénéficie donc de :

  • 100 000 euros (abattement enfant) + 159 325 euros (abattement handicap) = 259 325 euros d’abattement total.

Ce cumul constitue un levier fiscal significatif pour les familles concernées. La justification du handicap doit pouvoir être produite auprès du notaire lors du règlement de la succession.

Frères, sœurs, neveux, nièces : des abattements plus limités

En dehors de la ligne directe, les abattements diminuent considérablement :

Frères et sœurs (15 932 euros) : Cet abattement est relativement modeste au regard du barème applicable (35 % jusqu’à 24 430 euros, puis 45 % au-delà). Toutefois, une exonération totale peut s’appliquer si le frère ou la sœur héritier remplit trois conditions cumulatives au moment du décès : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé ; avoir plus de 50 ans ou être atteint d’un handicap ; et avoir été domicilié avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès.

Neveux et nièces (7 967 euros) : Le barème applicable est de 55 % au-delà de l’abattement. La fiscalité est donc lourde pour ces transmissions, ce qui milite en faveur de stratégies anticipées.

Autres héritiers (1 594 euros) : Pour les héritiers sans lien de parenté ou avec un lien éloigné, le taux de 60 % s’applique au-delà d’un abattement quasi symbolique. Les concubins non pacsés entrent dans cette catégorie.

Le rappel fiscal de 15 ans : renouvellement des abattements

Les abattements applicables aux successions et aux donations sont régis par le même mécanisme. L’administration fiscale applique un rappel fiscal : toutes les donations consenties au cours des 15 années précédant le décès (ou une nouvelle donation) sont prises en compte pour calculer si l’abattement a déjà été utilisé.

Comment cela fonctionne en pratique

Si un parent donne 80 000 euros à son enfant en 2015, il ne reste que 20 000 euros d’abattement disponible sur les 100 000 euros. Si ce parent décède en 2025 (moins de 15 ans après la donation), la part taxable de la succession sera calculée en tenant compte de la donation déjà effectuée.

En revanche, si le décès survient en 2031 (plus de 15 ans après la donation de 2015), l’abattement est intégralement reconstitué : les 100 000 euros sont de nouveau disponibles en totalité.

Ce mécanisme de renouvellement tous les 15 ans est au cœur de toute stratégie de transmission patrimoniale.

Interaction entre donations et abattement succession

Les donations et les abattements de succession sont intimement liés. Voici les règles essentielles :

  1. Même abattement : L’abattement de 100 000 euros (en ligne directe) est commun aux donations et à la succession. Donner 60 000 euros de son vivant consomme 60 000 euros de l’abattement.

  2. Rapport fiscal : Les donations de moins de 15 ans sont “rapportées” à la succession pour le calcul des droits. Cela ne signifie pas que l’héritier doit rembourser la donation, mais que la part taxable au décès est calculée en tenant compte de ce qui a déjà été transmis.

  3. Imputation des droits déjà payés : Si des droits de donation ont été acquittés (car la donation dépassait l’abattement), ces droits sont imputés sur les droits de succession dus. L’héritier ne paie pas deux fois.

  4. Don familial de sommes d’argent : En plus de l’abattement de droit commun, un abattement spécifique de 31 865 euros (dit “don Sarkozy”) existe pour les dons de sommes d’argent au profit d’un enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant, sous conditions d’âge (donateur de moins de 80 ans, bénéficiaire majeur). Cet abattement se cumule avec l’abattement classique et se renouvelle lui aussi tous les 15 ans.

Exemples concrets de calcul

Exemple 1 : Succession simple — parent vers enfant unique

Un parent décède en 2025 et laisse un patrimoine net de 350 000 euros à son enfant unique. Aucune donation n’a été consentie dans les 15 dernières années.

  • Part nette taxable : 350 000 euros
  • Abattement enfant : -100 000 euros
  • Base imposable : 250 000 euros

Application du barème des droits de succession en ligne directe :

  • Jusqu’à 8 072 euros : 5 % = 403,60 euros
  • De 8 072 à 12 109 euros : 10 % = 403,70 euros
  • De 12 109 à 15 932 euros : 15 % = 573,45 euros
  • De 15 932 à 552 324 euros : 20 % (sur 234 068 euros) = 46 813,60 euros
  • Total des droits : 48 194,35 euros

Exemple 2 : Impact d’une donation antérieure

Même situation, mais le parent avait donné 100 000 euros à son enfant en 2018 (moins de 15 ans avant le décès).

  • Part nette successorale : 350 000 euros
  • Rappel de la donation de 2018 : 100 000 euros
  • Abattement de 100 000 euros déjà intégralement consommé par la donation
  • Base imposable : 350 000 euros (au lieu de 250 000)

Les droits de succession augmentent significativement : environ 68 194 euros, soit 20 000 euros de plus que dans le premier exemple.

Exemple 3 : Stratégie de donation anticipée optimale

Un couple (deux parents) souhaite transmettre à leurs deux enfants dans les meilleures conditions. En utilisant le mécanisme du renouvellement tous les 15 ans :

  • Première donation (2010) : Chaque parent donne 100 000 euros à chaque enfant = 400 000 euros transmis en franchise totale.
  • Deuxième donation (2025, après 15 ans) : Les abattements sont reconstitués. Nouveau cycle : 400 000 euros supplémentaires sans droits.
  • Au décès (après 2040) : Si plus de 15 ans se sont écoulés depuis la dernière donation, l’abattement est de nouveau disponible en intégralité.

Total transmis en franchise de droits : potentiellement 800 000 euros ou plus, répartis sur deux cycles de 15 ans, sans aucun droit de mutation.

L’assurance-vie : un abattement complémentaire

L’assurance-vie bénéficie d’un régime fiscal distinct et très avantageux. Les capitaux versés avant les 70 ans de l’assuré profitent d’un abattement spécifique de 152 500 euros par bénéficiaire (article 990 I du CGI), totalement indépendant des abattements de succession classiques.

Un enfant peut donc cumuler :

  • 100 000 euros d’abattement succession classique
  • 152 500 euros d’abattement assurance-vie
  • Soit 252 500 euros en franchise de droits, hors stratégie de donation

C’est un levier d’optimisation incontournable dans toute planification successorale.

Conseils stratégiques pour maximiser les abattements

  1. Anticiper avec les donations : Utiliser les abattements de donation le plus tôt possible pour amorcer le premier cycle de 15 ans. Plus tôt on commence, plus on peut renouveler de cycles.

  2. Penser par couple : Chaque parent dispose de ses propres abattements. Un couple transmet deux fois plus qu’une personne seule.

  3. Combiner avec l’assurance-vie : Alimenter des contrats d’assurance-vie avant 70 ans pour bénéficier de l’abattement supplémentaire de 152 500 euros par bénéficiaire.

  4. Utiliser le don familial de sommes d’argent : L’abattement de 31 865 euros est cumulable et se renouvelle aussi tous les 15 ans.

  5. Consulter un notaire : La stratégie optimale dépend de la composition du patrimoine, de la situation familiale et des objectifs. Le notaire reste le professionnel incontournable pour structurer la transmission.

  6. Simuler en amont : Utilisez notre calculateur de frais de succession pour estimer les droits dans différents scénarios et ajuster votre stratégie.

Ce qu’il faut retenir

L’abattement succession est le premier levier de réduction des droits de mutation à titre gratuit. Avec 100 000 euros par enfant et par parent, renouvelable tous les 15 ans, le législateur offre un cadre généreux pour la transmission en ligne directe. Les situations entre frères et sœurs, neveux et nièces, ou héritiers sans lien de parenté sont en revanche beaucoup moins favorisées.

La clé réside dans l’anticipation : en combinant donations échelonnées, assurance-vie et planification sur plusieurs cycles de 15 ans, il est possible de transmettre un patrimoine considérable en minimisant voire en éliminant les droits de succession.

Pour aller plus loin, consultez nos guides sur les frais de succession, le barème des droits de succession et le rôle du notaire dans la succession.

Questions fréquentes

Quel est le montant de l'abattement succession pour un enfant ?
Chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 euros sur la part héritée de chacun de ses parents. Cet abattement se renouvelle tous les 15 ans et s'applique aussi bien aux successions qu'aux donations.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?
Non. Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint survivant (marié ou pacsé) est totalement exonéré de droits de succession, quel que soit le montant hérité. Cette exonération est permanente et inconditionnelle.
Comment fonctionne le rappel fiscal de 15 ans ?
Les abattements en matière de succession et de donation se renouvellent par périodes de 15 ans. Si un parent a donné 100 000 euros à son enfant, il faut attendre 15 ans pour que l'abattement soit de nouveau disponible en intégralité. Les donations de moins de 15 ans sont rapportées à la succession.
L'abattement pour personne handicapée se cumule-t-il avec les autres abattements ?
Oui. L'abattement spécifique de 159 325 euros pour personne handicapée se cumule intégralement avec l'abattement lié au lien de parenté. Un enfant handicapé bénéficie donc de 100 000 + 159 325 = 259 325 euros d'abattement total.
Que se passe-t-il si une donation dépasse l'abattement avant le décès ?
Si une donation consentie moins de 15 ans avant le décès a dépassé l'abattement, les droits déjà payés sur la donation sont imputés sur les droits dus au titre de la succession. Seul le complément éventuel est réclamé par le fisc.
Peut-on donner 100 000 euros à chaque enfant sans payer d'impôt ?
Oui, chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 euros à chaque enfant en franchise de droits, tous les 15 ans. Un couple peut donc transmettre 200 000 euros par enfant tous les 15 ans, sans aucun droit de donation.